Salon Solutions Datacenter Management fête ses 10 ans déjà !

Par Ludovic REIS, Consultant VMware, Metanext 

 

Le salon Solutions Datacenter Management s’est tenu les 20 et 21 Mars au Parc des expositions de la porte de Versailles (Paris Expo) pour sa dixième édition.

La surface consacrée à cet événement est importante afin d’accueillir une centaine d’exposants, proposant des solutions sur les 3 thématiques principales suivantes :

  • IoT
  • Equipements Datacenter (Installations électriques, Racks, refroidissement, capteurs…)
  • Intelligence Artificielle

 

Des automates en action !

Pour commencer, une visite des stands où j’ai eu notamment le plaisir de voir un automate tester une application sur tablette via un stylet et une caméra afin de reproduire des interactions utilisateur le plus fidèlement possible.

Après avoir visité quelques stands, j’ai participé à plusieurs conférences sur des thèmes d’actualité : automatisation, Edge Computing, IA, IoT et conformité.

 

De la gouvernance à l’automatisation du Datacenter

Le Datacenter évolue, et vous ?


Au cours de cette conférence, les discussions ont principalement porté sur la gestion du Datacenter et des nouveaux outils facilitant son exploitation.

Le maintien à jour des référentiels est un défi permanent pour les hébergeurs et nombreux sont ceux qui ont mis en place le référencement par tag RFID, ceci permet d’inventorier une salle en un temps record.

Par ailleurs, des expérimentations de réalité augmentée ont été réalisées pour fiabiliser les gestes en salle. Cela permet aux techniciens de voir l’équipement à remplacer en surimpression sur leur smartphone ou des lunettes.

Les participants rappellent que les meilleurs outils ne pallieront jamais les mauvais processus d’exploitation, il reste donc essentiel de penser aux cycles de vie complets des équipements.

L’industrialisation de la construction des baies est également un défi qu’il est nécessaire de relever afin de rester compétitif dans le monde de l’hébergement. Etant donné que certains clients continuent d’avoir des besoins spécifiques, il est judicieux de construire et tester les baies hors salle afin de minimiser les opérations lors de l’intégration. Ainsi, la mise en œuvre des baies en salle se résumera à mettre les baies sur roulettes au bon emplacement puis connecter réseau et énergie.

Les hébergeurs mettent progressivement des API à disposition de leurs clients, ceci permet notamment d’accéder de façon standardisée aussi bien aux services de déploiement automatisés qu’à la télémétrie.

Une façon simple d’expérimenter le domaine de l’IA ou du « Machine Learning » est de travailler sur des données massives et accessibles telles que les informations de télémétrie du Datacenter (Températures, consommations, usages de bande passante…).

Le traitement de ces informations permet notamment une adaptation dynamique du système de refroidissement afin d’économiser de l’énergie.

La croissance des infrastructures SDDC dont l’adaptation à la charge se fait automatiquement amène de fortes variations de consommation électriques et de climatisation qu’il est parfois difficile de maitriser surtout pour les fermes de GPU.

Pour y faire face, certains hébergeurs disposent de tours de glace afin d’assurer la stabilité du refroidissement même en cas de montée en charge rapide de certaines zones du Datacenter.

Certains prédisent une concentration du marché de l’hébergement dominé par les géants actuels du cloud public et les acteurs majeurs du BTP qui investissent dans ce secteur spécialisé (Vinci, Bouygues…).

 

BuzzTime : quoi de neuf côté IA, IoT et Edge Computing ?

Edge computing

Pour rappel, le concept du « Edge Computing » est d’amener le traitement au plus près de la donnée afin de n’envoyer que les informations pertinentes vers un Datacenter. Les principaux domaines d’application sont, les assistants bien être, les bâtiments connectés et les voitures autonomes.

Le besoin de mini-datacenters  sera induit par le nombre de stations de base 5G  croissant, dû aux fréquences en œuvre et donc la réduction de la taille des cellules radio. De plus, les performances promises en termes de débit  (100Mb/s à 1Gb/s) et de latence (1ms) nécessiteront de nombreux raccordements au réseau fibre des opérateurs.

 

IoT

L’IoT est principalement utilisé pour la télémétrie afin d’optimiser les opérations de maintenance. La fiabilité des capteurs est donc cruciale afin d’éviter toute opération de remplacement.

L’un des principaux défis est de maitriser l’afflux massif de données en provenance des capteurs et l’interopérabilité des formats car leur volumétrie rend désormais les migrations très compliquées voire impossible dans des échelles de temps raisonnable.

La collecte et la transmission de certaines informations physiologiques posent des questions de confidentialité et de légalité du traitement de la donnée.

 

IA

L’IA est de plus en plus utilisée dans l’analyse des données afin de proposer des recommandations d’optimisation. Pour autant, les réticences restent fortes quant à automatiser l’application des recommandations. L’un des principaux défis de l’IA est de fournir automatiquement des explications quant aux recommandations proposées. Il est aujourd’hui difficile de justifier un choix proposé par une IA.

 

RGPD contre-attaque !

Cette conférence fut intéressante car elle a mis l’accent sur des aspects juridiques de l’IT souvent délaissés.

Les avocats présents admettent volontiers que la réglementation RGPD actuelle est volumineuse et difficile à appréhender. D’autant plus qu’il a fallu instaurer un dialogue entre experts ayant chacun leur vocabulaire spécifique (avocats vs ingénieurs informatiques).

Comme souvent, les entreprises du numérique ont tardé à se mettre en conformité avec RGPD notamment parce que nombre d’entre elles n’ont pas conscience qu’elles manipulent des données personnelles. De plus, la mise en conformité est parfois complexe à mettre en œuvre, il est ainsi recommandé de faire des audits réguliers afin de prouver sa bonne foi en cas de contrôle. Pour les entreprises certifiées ISO 9001, la mise en conformité devrait être plus facile car elles disposent déjà de nombreux processus de gestion qualité et conformité.

La CNIL propose de nombreux contenus afin d’appréhender la réglementation RGPD.

Un des participants rappelle un symptôme culturel caractéristique des pays latins, nombre d’entrepreneurs et ingénieurs conçoivent un produit ou service avant d’en avoir validé la légalité. Malheureusement, la mise en conformité a posteriori n’est pas toujours possible. Dans les pays anglo-saxons, l’aspect légal fait partie du processus de conception.

RGPD n’est finalement qu’une première étape sur la route des nouvelles réglementations, E-Privacy va bientôt entrer en vigueur pour les échanges « machine to machine », les règlementations médicales vont également évoluer très prochainement.

 

Sans cesse de nouveaux usages à gérer !

Derrière chacun de ces buzzwords (Edge Computing, IoT, IA , RGPD) se cache une évolution de nos usages (ex : applications sur smartphones, IoT) qui engendrent des évolutions de nos outils (IA, RGPD, réalité augmentée) et par conséquent nos métiers.

Tout cela apporte surtout un formidable potentiel pour de nouveaux cas d’usages.

Merci aux intervenants et organisateurs du salon Solutions Datacenter Management et vivement l’édition 2020.

 

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