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Interview croisée

Interview croisée Le métier de chef de projet technique : évolutions et enjeux

On parle beaucoup de la transformation numérique et des évolutions qu’elle entraîne au sein des métiers de l’IT. Néanmoins, la gestion de projets techniques, pourtant charnière dans ce domaine, reste relativement peu évoquée. C’est pourquoi Metanext est allé recueillir les témoignages de deux de ses clients, issus du monde bancaire et de l’industrie, chez qui évoluent plusieurs de nos chefs de projets.

Guillaume Brusseaux, responsable d’une équipe de chefs de projets à la Société Générale, ainsi que Donovan Levert, responsable d’une dizaine de chefs de projets chez Suez, ont accepté de répondre à nos questions sur le sujet.

Pouvez-vous nous en dire plus sur vos fonctions respectives et le contexte dans lequel vous évoluez, les difficultés rencontrées, … ?

Donovan : Au sein de l’entité Suez RV France, je suis responsable des RIA (Responsable d’Intégration Applicative, ndlr)., c’est-à-dire du pôle d’intégration applicative. Notre organisation est basée essentiellement sur la politique du « faire faire », c’est-à-dire que nous déléguons un maximum de tâches à nos infogéreurs, notre intervention se limitant à la partie applicative. Le rôle d’un RIA est majeur puisqu’il est responsable de la coordination entre l’architecte, les métiers, l’infogérance, …. C’est un rôle souvent polyvalent, qui relève à la fois des fonctions de chef de projet, d’architecte et parfois même d’ingénieur systèmes.

Guillaume : Au sein d’une banque de premier plan telle que la Société Générale, le SI relève d’une criticité extrême puisque c’est sur lui que repose notre cœur de métier. Nous faisons peu appel à des infogéreurs, et privilégions de ce fait le développement des compétences et des outils en interne. La gestion des Infrastructures Informatiques est réalisée au sein d’une entité transverse, regroupant l’ensemble des compétences techniques et servant les différentes DSI du groupe.

Le contexte réglementaire contraignant et compliqué, l’effervescence autour des nouvelles technologies (Cloud, blockchain, IA, etc…), l’avènement des solutions Open Source (de plus en plus attractives pour les DSI), la volonté de réorganiser nos équipes autour de nouvelles méthodes de travail (Devops, Agilité, Flexoffice, Télétravail), toutes ces contraintes sont autant d’opportunités pour faire évoluer notre métier de Chef de Projet Infrastructure.

On entend toujours : « un projet reste un projet ». Etes-vous d’accord avec cette assertion ou pensez-vous qu’il existe des spécificités pour certains sujets qui nécessitent un chef de projet technique ?

Donovan : Chez Suez, les chefs de projets métiers peuvent adresser tous les types de projets, qu’il soient applicatifs, fonctionnels ou techniques. Bien que nos chefs de projets techniques ne soient pas experts sur la partie applicative, ils s’appuient néanmoins sur une méthodologie commune dans la conduite du projet. La question est surtout de savoir à quels experts techniques faire appel, ce qui nécessite une bonne compréhension des problématiques de la part du chef de projet.

Chez nous, le choix des technologies reste secondaire, l’importance réside surtout côté applicatif en lien avec les métiers. On ne vend pas des technologies aux clients, mais plutôt des services, dont les performances reposent sur l’intégrateur. Il y a donc une logique contractuelle très forte liée à ce fonctionnement.

Guillaume : La problématique est un peu différente en ce qui nous concerne puisque nous servons les différentes DSI du groupe avec une relation client / fournisseur interne. Nos interlocuteurs arrivent souvent avec un choix de technologies précis en tête ; une des missions du chef de projet est donc de les accompagner et de les réorienter vers une solution en adéquation avec le Catalogue de services, ou tout du moins plus conforme aux choix stratégiques imposés par la SG.

Quelles sont les évolutions en termes de méthodologies de projet ? La montée en puissance des projets Agile modifie-elle le métier de chef de projet, et si oui, en quoi ?

Guillaume : Depuis quelques années, la Société Générale fait évoluer ses méthodes de travail et se réorganise. Les équipes en charge des Infrastructures Informatiques du groupe notamment se sont récemment réorganisées en mode Agile.

Pour les chefs de projet, cela se traduit forcément par un changement de leurs méthodes de travail, par exemple, nous faisons maintenant appel à des ressources organisées en Feature Teams plutôt qu’à des individus. Cela implique moins de communication en point à point et davantage de processus, mais surtout un besoin accru de proximité avec les équipes techniques ou leurs représentants pour ne pas perdre « le lien ». C’est aussi une fantastique opportunité pour s’impliquer davantage en amont du projet et participer pleinement aux choix technologiques de la DSI.

Donovan :Nous sommes déjà dans ce processus Agile mais du fait de ce fonctionnement, les métiers anticipent moins les besoins, ce qui augmente la complexité des projets, sans pour autant avoir un gain de coût.

Guillaume : Il faut noter que l’arrivée des méthodologies Agile a bouleversé nos organisations. Elle a entraîné aussi la naissance de nouveaux rôles, comme par exemple, le poste de Delivery Release Manager (DRM), qui a pour but de fluidifier la demande en faisant le lien entre les chefs de projets et les experts techniques.

Donovan : On retrouve ce même rôle de synchronisation chez Suez, à travers le poste de RIA. Ce rôle est notamment indispensable lorsqu’on se trouve hors standards et hors processus.

Avec l’intégration et le développement continus, l’arrivée du Cloud, …, quel est l’avenir d’un chef de projet technique ?

Donovan : La méthodologie Agile nous pose beaucoup de problèmes, notamment au niveau de l’infrastructure, à cause du manque de vision globale. Aujourd’hui, notre sujet majeur concerne l’évolution de l’architecture applicative, en particulier la capacité à décliner une application en micro-services.

Il nous faut donc gérer la scalabilité horizontale davantage que la scalabilité verticale.

Guillaume :Le chef de projet technique a plus que jamais un rôle à jouer dans cette histoire, le monde des Infrastructures Informatiques est en effervescence : avec l’avènement du Cloud et des solutions Open Source, le Catalogue de services ne fait que s’étoffer d’années en années. Pour le chef de projet, il n’y a pas de pertes de compétences, mais plutôt une obligation de présenter un panel de compétences de plus en plus large.

De ce fait, il adopte également un rôle de conseil pour accompagner au mieux le client et l’orienter vers les bonnes briques d’infrastructures, mieux dimensionnées, plus rapides à provisionner et donc moins coûteuses. La phase de qualification du besoin peut être paradoxalement plus complexe qu’avant, et reste donc essentielle dans le métier d’un chef de projet technique. Il travaille ainsi de plus en plus étroitement avec les architectes et les experts techniques, en gardant en tête par exemple que le Cloud n’est pas toujours la solution la plus adaptée au(x) besoin(s) de son client, pour des raisons techniques, légales voire réglementaires.

Quelle est la valeur ajoutée de Metanext dans ce contexte ?

Donovan : Les « nouveaux » profils générés par ces évolutions sont compliqués à trouver. Je ne cherche pas tant des experts techniques que des personnes capables d’être polyvalentes et autonomes. Metanext fournit des profils qui disposent du mindset nécessaire.

Guillaume : Je rejoins Donovan sur cette question. Le monde de l’infrastructure se cherche et ressemble aujourd’hui à un flou artistique ! Les nouvelles technologies et méthodologies côtoient les anciennes. De nouveaux leaders apparaissent chaque jour et les Startups font de l’ombre aux géants du secteur. Tout évolue à une telle vitesse que ce qui importe est désormais d’avoir des profils, qui, au-delà des compétences techniques, savent discuter, écouter, interagir, et sont prêts à apprendre. C’est ce que j’ai apprécié chez les chefs de projet proposés par Metanext.

Dans notre nouvelle organisation, où le processus prend le dessus, le relationnel devient d’autant plus important, voire vital pour la réussite d’un projet.

Donovan : En effet, le relationnel facilite les échanges et donc la rapidité du projet. Il ne faut pas oublier qu’un projet, c’est avant tout une aventure humaine. Et Metanext est là pour nous y accompagner.

 
 
Le métier de chef de projet technique : évolutions et enjeux